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Dimanche 19 août 2007

Il y a des jours où cette envie de crier me prend !

Lorsque l’on est dans une rue déserte, au dessus d’un pont non fréquenté, ou sur un bateau au large d’un océan, ce cri est si vite réalisé que le réconfort s’en suit comme un désir assouvi.

Malheureusement, la plupart du temps, il m’est impossible d’hurler ce cri. Alors je l’étouffe dans mon oreiller. Si ce dernier avait des oreilles, il serait déjà rendu sourd par les décibels émis durant toutes mes misérables années de vie !

Force est de constater que je parle de ce cri plus aisément que de la cause qui le nourrit…

Pour résumer parmi tous les événements passés qui ont contribué à l’émission de ces cris incoercibles, j’en citerai trois principaux.

Le premier, le plus fréquemment en cause, concerne ma vie d’étudiante et le stress lié aux examens. C’est le cri qui vient du fin fond des intestins, celui qui retourne tellement l’estomac que même si on vous présentait la plus belle des pâtisseries, personne n’en voudrait !

Le deuxième type d’événements qui suscitent en moi ces fameux cris sont les rendez vous : entretien, réunions, et surtout première rencontre avec un inconnu… En général, d’autres symptômes accompagnent le cri : sueurs froides, tête de tomate, confusion, palpitation, vue trouble…

Enfin, le dernier point est relatif à ma vie affective affreudisiaque pour reprendre l’expression d’une amie lorsqu’on lui demande ce qu’il en est de ses amours. Effectivement, si j’ai envie de crier aujourd’hui, c’est bien à cause d’Amour… Beaucoup de personnes placent ce sentiment sur un piédestal et le vénèrent pour sa beauté. J’ai personnellement envie de le maudire pour les fêlures qu’il inaugure dans mon cœur !

J’ai mal au cœur comme pas possible, et à chaque fois que c’est le cas, j’ose espérer que ça sera la dernière fois, que celà ne se reproduira pas...

 

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Mardi 14 août 2007

On m’a traitée de désœuvrée...

Le mot était tellement bien choisi que j’en avais des doutes sur sa signification.

N’ayant pas de dictionnaire à proximité, j’ai eu le souci d’appeler une amie pour avoir son avis sur ce mot : « Désoeuvrée ? Ca veut dire quelqu’un de triste, de blasé, non ?»

Je n’étais pas convaincue, j’ai donc appelé ma mère : « Désoeuvrée ? Ca veut dire que tu es une glandeuse »

La particularité et la qualité de ma mère, c’est la justesse de ses mots pour me faire admettre quelques défauts !

Mais c’était bien ce que je pensais, quelqu’un de désœuvré, c’est quelqu’un pour qui le noble travail joliment mis en valeur sous le terme «d’œuvre » n’est plus. Autrement dit, c’est quelqu’un qui ne travaille pas, qui glande rien, qui passe son temps, c’est quelqu’un d’inutile !

C’est quand même drôlement fin et diplomatique de faire comprendre à une personne par ce mot presque poétique qu’il ne fiche rien !

 

J’avoue que je ne suis pas fière d’avoir suggéré cette impression… Mais en même temps, après un mois de vacance, ce fut difficile de reprendre sa place inexistante à l’hôpital… Alors comme j’étais effectivement triste et blasée de ne plus être en vacance, je n’ai pas fait d’effort pour être dans le bain. Et comme les externes en médecine étaient tellement bien rodés qu’ils faisaient leur travail de façon machinale, qu’avais je d’autre à faire à part écouter attentivement les échanges entre médecins ?

Jusqu’à ce que le senior m’interpelle avec ce mot… que lui ai-je répondu pour ma défense presque niaisement :

« Mais monsieur, je suis externe en pharmacie ! »

 

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Lundi 13 août 2007

La nature a perdu ses droits sur les côtes algeriennes.

Sa chance est d'être plus grandiose que la cupidité de la nature humaine.

En Algérie, les populations se concentrent au Nord délaissant de vastes terres, au profit de l'activité grouillante des grandes villes et de leurs déchets.

Heureusement, s'il y a encore une chose qui m'attache à mon pays, ce sont ces panoramas californiens et le caractère sauvage de la nature qui reprend le dessus...

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Lundi 18 juin 2007

Mi-juin, je suis toujours en plein stage à l’hôpital, dans le service de rhumatologie où il est très difficile de se faire sa place en tant qu’étudiant en pharmacie…

Déjà les externes en médecine en prennent des coups de la part de leurs supérieurs (internes et médecins) mais à la limite, je préférerai ces coups à l’indifférence qu’ils ont à mon égard : que je sois là  ou non, ça ne change rien, de toute façon je ne sers pas à grand chose ! C’est très formateur…

 

M’enfin, c’est pas trop le sujet puisque je voulais raconter le déroulement des staffs dans ce service. Cette réunion hebdomadaire rassemble les grands chefs de tous les chefs, les tous puissants et omniscients de la rhumatologie et de l’orthopédie. Dans un silence presque religieux, le chef de l’une ou l’autre spécialité développe son explication, ses raisonnements et son diagnostic tandis que les internes balbutient leurs arguments. Et au fond de la salle, les externes doivent faire semblant de s’intéresser… très formateur aussi, surtout pour une externe en pharmacie qui ne sait même pas reconnaître un foie ou un pancréas dans une radio-thorax.

 

Ce que je trouve sociologiquement intéressant dans ces staffs, c’est la présentation des cas des patients. Voici des bribes de phrases qui m’ont bizarrement interpellées :

 

Premier cas :

« Madame X (nom africain), hospitalisée le jj/M pour une lombosciatique présentant une hernie discale blablablablabla…. »

« Madame X présente depuis deux jours une fièvre persistante sans raison apparente, blablabla »

« Madame X revient d’un séjour de trois mois en Afrique où elle a passé ses vacances »

« Trois mois de vacances ? Elle a du se choper une infection là bas, tu lui as fait une hémoculture ? »….

 

Deuxième cas :

« Mme Y(nom arabe), d’origine tunisienne hospitalisée le jj/M pour un bilan de polyarthrite rhumatoide d’évolution défavorable  blablbalablbalabla »

« Mme Y n’est pas observante, elle arrête son traitement à chaque fois qu’elle part en Tunisie blblablablabla »

Question : « Pourquoi elle arrête ? »

Réponse : « On sait pas, je crois qu’elle comprend pas que c’est important, mais elle parle pas bien français tu vois, c’est très difficile »

 

Troisième cas :

« Mr Z (nom français) hospitalisé pour une fracture de l’épaule, blblablabla tout va bien »

« Ah oui j’ai parlé avec sa femme hier, elle est très gentille, c’est une algérienne » regards tournés vers moi. 

« Mr Z, sa femme, algérienne, algérie » encore des regards persistants vers moi. Et la question sans grande gêne « T’es algérienne toi, c’est ça ? »

Réponse « oui » et sourire hypocrite.

Dans pareilles circonstances, j’ai toujours cette pudeur d’espérer que mon petit « oui » cache l’agacement qui fructifie sans limite dans ma tête. Mais au fond, ça reste frustrant de ne pas pouvoir hurler une réponse plus complète comme :

 « Oui et alors ????????????? C’est quoi le rapport ! Purée, je suis là en tant que pharmacien, pas pour brandir un drapeau algérien !!!! Est-ce que je te demande moi si t’es bérichonne ou alsacienne ???»

 

 

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