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Mercredi 10 octobre 2007

Le müvmedia, autrement dit, c’est le média fait par ceux qui sont dans le moove, celui de la jeunesse, de l’expérimentation, de l’innocence, de la découverte et de la créativité. Le principe est simple, huit jeunes : quatre français, quatre québécois, les français au Québec, et les québécois en France. A chacun, un blog comme un carnet de bord de leur aventure, l’objectif commun pour chaque apprenti reporter est de réaliser un reportage par semaine lesquels sont notés par les internautes et par un jury.

C’est bête de dire ça mais qu’est ce que ça m’enthousiasme de me laisser enfouir dans les dédales du net pour tomber sur ce genre de cadeau ! La qualité des vidéos et de leurs articles est à rendre envieuse une petite blogueuse comme moi qui, de plus, traîne toujours les deux modestes visiteurs (mais qu’est ce que vous faites là ?! Allez donc faire un tour sur le müvmedia, ça en vaut plus la peine que mon pauvre blog !).

Sérieusement, pour faire une pseudo auto psychanalyse, j’ai toujours rêvé d’être journaliste. Il parait que c’est parce que j’admirais la belle Loïs Len dans Superman. Mais moi, je suis sûre que j’avais ça dans le sang, bien avant la diffusion des premiers épisodes de Superman sur M6 (Ahh cette époque où j’étais enfant et assez naïve pour gober l’idée qu’un homme puisse voler en cape rouge… dire que je pouvais regarder ça pendant 50 minutes sans remettre en cause le temps perdu devant cette bêtise archaïque ! En même temps, à l’époque, Internet n’existait pas !)

Oui, donc, le journalisme ou l’écriture, je ne sais pas trop, mais en tout cas, la combinaison déouverte-écriture m’a toujours animé d’une certaine jubilation qui fait que sous l’influx de la découverte, ma soif de raconter se matérialise dans l’écriture…

Le seul souci dans ma vie, c’est que je suis noyée dans la  routine de mon quotidien, si bien que même Paris n’est plus pour moi un lieu qui se raconte. Je crois même que c’est le meilleur lieu pour décliner le spleen et la solitude sous toutes ses formes.

Enfin, je temporise mes propos… à revoir les reportages des apprentis reporters, ce qui effectivement crée la découverte, c’est la rencontre avec des personnages : des pécheurs québécois, un fermier savoyard, un clochard banlieusard… bref quiconque de la ville inconnu  raconte au mieux son quotidien ici ou là. Mais après tout, pourquoi Idir le Bondynois ne regarderait pas avec les mêmes yeux émerveillés et plein de poésie que Julie la québécoise, la région Rhône-Alpes et ses ânes !

Qui sait, ce que j’aime raconter est peut être à deux pas de chez moi, dans les transports, ou au comptoir de la pharmacie où je travaille. Ce qui extasie ma soif de découverte ne réside que dans ma curiosité et surtout dans l’entrain que j’aurais à aller vers ces gens qui intriguent, qu’on connaît tous et qu'on aperçoit chaque jour au pas de notre porte.

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Mardi 9 octobre 2007

Mes oreilles n’en peuvent plus de subir mon goût infini pour la musique… où que je sois, quoique je fasse, il me faut un petit brin de mélodie.

Des écouteurs de mon mp3 au caisson de basse de mon PC, des ondes radio en passant par internet, il me faut ma dose de musique, de la même manière qu’il me faut ma dose de chocolat chaque jour.

Je suis intoxiquée !

Mes oreilles ne supportent pas le silence, mon esprit angoisse du vide et se blase du vacarme du quotidien. Je veux rêver en musique, marcher, travailler, rire et pleurer en musique.

J’ai fait quelques découvertes ces derniers jours, autant en parler sur mon blog, histoire de faire partager mon univers musical pour les deux pèlerins qui rodent bizarrement ici !

La première est Corrine Bailey, juste une belle voix suave, que j’apprécie toujours même si son son est de moins en moins diffusé sur les ondes !

Le second titre, est celui de Raul Midon, un grand, que j’ai découvert fortuitement dans le myspace de l’Art Café.

En fouinant encore plus, je suis tombée sur un duo sublime de Tété avec Raul Midon, sur le plateau de taratata… quoi de plus beau que deux voix en parfaite harmonie sur quelque gratte de guitare.

Et je n’en finis pas de découvrir de nouveaux artistes dans les playlist des internautes comme celui de Miss Nina.

Enjoy !

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Dimanche 30 septembre 2007

Le collectif « Qui fait la France ? » ou l’initiative de dix écrivains réunis autour de la littérature du réel. Dix écrivains aux parcours variés, rassemblés autour de la question de la banlieue, ses inégalités et ses souffrances. Dix écrivains dont trois m’étaient déjà familier, Faiza Guène, Mohamed Razane et bien sur Karim Amellal !

Comment ne pas saluer la naissance de ce collectif dont « l’acte de naissance » est concrétisé par ce livre « Chronique d’une société annoncée » que je me suis empressée d’acheter, et que j’ai englouti à la même vitesse.

Comment ne pas applaudir leur démarche à la fois spontanée car fruit de leur propre liberté d’action, et mûrement réfléchi à en lire le manifeste du collectif.

Je veux croire en la pérennité de leur entreprise, je veux les soutenir, je veux qu’on reconnaisse en eux le talent qu’ils méritent d’où qu’on soit, de la banlieue ou du fond des campagnes délaissées elles aussi… du haut des tours de la Defense ou des bancs de l’Assemblée Nationale…

Alors pour les quelques internautes qui par je ne sais quel clic se trouvent à lire mon billet, achetez ce livre car les droits d’auteurs sont entièrement reversés à cette association.

Pour une fois que celle-ci se veut intellectuelle et gratifiante pour l’image du jeune de banlieue issu de l’immigration.

Pour une fois que l’on donne voix aux damnés de la France, et que celle-ci soit portée par le plus beau moyen d’expression, celui de la plume !

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Mercredi 19 septembre 2007

Habituellement, quand un livre me plait, je vais à la bibliothèque, je l’emprunte, je le lis, et je le rend. Et c’est bien comme ça : je n’encombre pas ma petite chambre déjà saturée par les polys de cours qui s’entassent d’année en année (vais-je avoir le courage de les jeter un jour ?), et pour tenir un discours écolo, ça évite de gâcher du papier. Oui mais là, je voulais me procurer l'essai de Karim Amellal "Discriminez-moi ! Enquetes sur nos inégalités " qui n’était toujours pas disponible à la bibliothèque municipale. J’aurais pu faire une suggestion d’acquisition. Mais voilà, à force de lire par-ci par-là quelques extraits et interviews de l’auteur, je ne pouvais pas attendre. Je m’impatientais de le lire. Alors, je suis allée à la Fnac, à Châtelet plus précisément, en pensant que ça devait être la plus grande Fnac de Paris… quelle déception, je tournais en rond entre le rayon sociologie et roman français sans trouver mon bonheur. Je demandai alors au rayonniste, qui me confirma qu’il n’était pas en stock !

Il ne me restait que l’alternative internet. J’avais déjà acheté une imprimante, une machine à laver, une batterie pour PC portable via Internet, mais encore jamais de livre. Je tente le coup sur Amazon, et en plus, je me permets une petite réduction en l’achetant d’occasion, pratique pour un porte-monnaie d’étudiant. 24h plus tard, le colis dans ma boite au lettre, je l’ouvre sans attendre, feuillette les premières pages du livre. Combien grande fut ma surprise  en découvrant ceci :

Pour le contenu, comme le décrit si bien l’auteur « Discriminez-moi ! est un cri d’amour, un cri d’effroi »… Effectivement, quel bonheur de se plonger dans un livre où tout ce que je m’étais forgé comme avis à travers mes expériences, sur l’école, les médias, la banlieue, la réussite et l’échec, étaient tout simplement formulés et pondérés d’une argumentation implacable.

Au sujet de la discrimination positive, je n’avais pas encore d’avis. Je me rappelle juste d’une histoire quand j’étais en troisième. C’était l’année où Science Po accordait aux brillants élèves de ZEP un accès plus « simple » à la prestigieuse école, nous en avions beaucoup débattu en classe. J’étais dans un collège privé, et dans ma classe, les élèves (dont certains se projetaient déjà d’entrer à Science Po !!) étaient farouchement opposés à cette mesure. Moi, à l’époque, je ne connaissais même pas Science Po, mais presque de façon instinctive, je sentais qu’il y avait un hic. Je ne comprenais pas leur indignation : « ouais, c’est dégueulasse, moi aussi je vais aller vivre dans le 93 pour rentrer à Science Po ». Eux même ne comprenaient pas la distance, les années lumières qui séparaient leur condition de vie à celle des élèves de ZEP… La seule image qu’ils avaient de la banlieue, c’était peut être à travers moi, la seule arabe du collège qui n’habitait même pas le 93, et qui, de surcroît, venait d’Algérie depuis à peine 5 ans, autant dire une image complètement biaisée !

Je n’avais pas d’avis donc, mais aujourd’hui, je ferme ce livre en étant convaincue qu’il y a des solutions simples et donc de l’espoir en France pour mettre à terme à une politique de ghettoïsation qui a suffisamment duré pour atteindre un degré d’inégalités socio-économique inacceptable…

Alors, Monsieur Karim Amellal, en hommage à la qualité de votre travail, comment vous remercier ?

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