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Mercredi 2 juillet 2008

J’émerge après une longue absence sur ce blog. Mais voilà, c’est les vacances ou presque, il fait bon, et on passe à l’heure du grand nettoyage d’été pour dépoussiérer les traces de la longue saison d’hiver. Wouh, ce que je me sens poète en ce moment !

C’est donc par cette occasion, en faisant du tri dans mes documents que je tombe sur ce dessin, on ne peut plus explicite sur la période que je suis actuellement en train de vivre.

Ça m’a bien fait marrer en tout cas !

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Jeudi 18 octobre 2007

Je me lève avec un mal de crâne en réfléchissant à comment parler de ma virée au tout nouveau musée de l’immigration ouvert depuis quelques jours. Je suis loin d’avoir un avis pertinent sur le sujet. D’abord parce que les musées ont toujours été pour moi un lieu étrange et d’autant plus étrange quand il s’agit de musée d’Art Moderne. J’essaie de m’y intéresser, de me forger tout un raisonnement pseudo philosophique sur la place de l’Art dans l’humanité…

Finalement, ce que je peux conclure de mes intenses balbutiements cérébraux se résume à ça : n’est œuvre d’art que ce que l’homme souhaiterait rendre ainsi.

C’est vrai, ce qui est beau dans les musées, ce n’est pas l’œuvre elle même, mais c’est tout ce qu’il y a autour l’espace, la lumière, les échos de notre voix lorsqu’on chuchote, les murs blancs, l’agencement des meubles… Tout cet environnement, tout cet effort de présentation pour mettre en valeur une statuette difforme qui ne ressemble à rien, tout cela fait que cette statuette d’un coup devient une représentation artistique.

Moi, je suis sûre que si je prenais cette même statuette difforme dans ma chambre, ma mère passerait deux, trois fois à côté, et à la quatrième, je m’essuierai une réflexion du genre « jette moi ce zbel (ordure), et range un peu  le bazar qu’il y a dans ta chambre ! ».

Voilà, c’est donc avec ce premier a priori que je me suis rendue au musée  très contesté et (contestable ?) de l’immigration.

L’autre point qui m’intriguait et qui attisait ma curiosité en me rendant à ce musée, c’était de savoir ce qu’il allait être exposé. C’est vrai, je n’ai pas à ma connaissance de noms d’artistes ayant comme thème de prédilection dans leurs tableaux ou leurs sculptures, l’immigration. En revanche, je m’imaginais volontiers des œuvres coloniales du genre « y a bon banania ». Alors, l’art de l’immigration allait-il être rattaché à l’art colonial ?
Heureusement que non… finalement, ce musée avait plus l’allure d’une exposition : de nombreuses photos, une large médiathèque qui permettait de visionner de nombreux reportages et témoignages.

A vrai dire, ça ne m’a rien appris. Tout ce qui était exposé, je le savais déjà…

Je savais que le déracinement était difficile, je savais que les immigrés chérissaient les sacs bleu blanc à carreaux pour les va et vient, je savais l’exiguïté des foyers sonacotra, je savais qu’ils (nous) avaient (avions) le cul entre deux chaises. En fait, ce musée, c’est notre univers reconstitué pour ceux qui ignoraient notre existence.

Je ne sais même plus s’il y avait un souffle positif. Je ne me suis pas attardée, je suis sortie en essayant d’imaginer quel regard un français « de souche » porterait sur ce musée, qu’est ce qu’il aurait appris en en sortant, qu’est ce qu’il lui aurait plu….

Dans le contexte actuel, je ne sais pas de quelle manière apprécier l’ouverture de ce musée, est ce réellement une reconnaissance ? Ou plutôt une stigmatisation ? Je ne sais, pas, mais en sortant, j’avais un picotement au cœur. Certes ce qui était exposé est notre univers, mais voilà, c’est un univers dans lequel on ne souhaiterait plus être cantonné… l’immigration et ses enfants ont longtemps été malmenés, est ce une façon de se donner bonne conscience en érigeant un musée de la sorte… ? Quand je vois ce que Sarkozy prépare, je me pose de nombreuses questions…….

 

La seule chose dont je suis sure, c'est que mon mal de crâne est passé, et que le paracétamol est vraiment efficace au bout de vingt minutes !

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Mercredi 10 octobre 2007

Le müvmedia, autrement dit, c’est le média fait par ceux qui sont dans le moove, celui de la jeunesse, de l’expérimentation, de l’innocence, de la découverte et de la créativité. Le principe est simple, huit jeunes : quatre français, quatre québécois, les français au Québec, et les québécois en France. A chacun, un blog comme un carnet de bord de leur aventure, l’objectif commun pour chaque apprenti reporter est de réaliser un reportage par semaine lesquels sont notés par les internautes et par un jury.

C’est bête de dire ça mais qu’est ce que ça m’enthousiasme de me laisser enfouir dans les dédales du net pour tomber sur ce genre de cadeau ! La qualité des vidéos et de leurs articles est à rendre envieuse une petite blogueuse comme moi qui, de plus, traîne toujours les deux modestes visiteurs (mais qu’est ce que vous faites là ?! Allez donc faire un tour sur le müvmedia, ça en vaut plus la peine que mon pauvre blog !).

Sérieusement, pour faire une pseudo auto psychanalyse, j’ai toujours rêvé d’être journaliste. Il parait que c’est parce que j’admirais la belle Loïs Len dans Superman. Mais moi, je suis sûre que j’avais ça dans le sang, bien avant la diffusion des premiers épisodes de Superman sur M6 (Ahh cette époque où j’étais enfant et assez naïve pour gober l’idée qu’un homme puisse voler en cape rouge… dire que je pouvais regarder ça pendant 50 minutes sans remettre en cause le temps perdu devant cette bêtise archaïque ! En même temps, à l’époque, Internet n’existait pas !)

Oui, donc, le journalisme ou l’écriture, je ne sais pas trop, mais en tout cas, la combinaison déouverte-écriture m’a toujours animé d’une certaine jubilation qui fait que sous l’influx de la découverte, ma soif de raconter se matérialise dans l’écriture…

Le seul souci dans ma vie, c’est que je suis noyée dans la  routine de mon quotidien, si bien que même Paris n’est plus pour moi un lieu qui se raconte. Je crois même que c’est le meilleur lieu pour décliner le spleen et la solitude sous toutes ses formes.

Enfin, je temporise mes propos… à revoir les reportages des apprentis reporters, ce qui effectivement crée la découverte, c’est la rencontre avec des personnages : des pécheurs québécois, un fermier savoyard, un clochard banlieusard… bref quiconque de la ville inconnu  raconte au mieux son quotidien ici ou là. Mais après tout, pourquoi Idir le Bondynois ne regarderait pas avec les mêmes yeux émerveillés et plein de poésie que Julie la québécoise, la région Rhône-Alpes et ses ânes !

Qui sait, ce que j’aime raconter est peut être à deux pas de chez moi, dans les transports, ou au comptoir de la pharmacie où je travaille. Ce qui extasie ma soif de découverte ne réside que dans ma curiosité et surtout dans l’entrain que j’aurais à aller vers ces gens qui intriguent, qu’on connaît tous et qu'on aperçoit chaque jour au pas de notre porte.

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Dimanche 30 septembre 2007

Le collectif « Qui fait la France ? » ou l’initiative de dix écrivains réunis autour de la littérature du réel. Dix écrivains aux parcours variés, rassemblés autour de la question de la banlieue, ses inégalités et ses souffrances. Dix écrivains dont trois m’étaient déjà familier, Faiza Guène, Mohamed Razane et bien sur Karim Amellal !

Comment ne pas saluer la naissance de ce collectif dont « l’acte de naissance » est concrétisé par ce livre « Chronique d’une société annoncée » que je me suis empressée d’acheter, et que j’ai englouti à la même vitesse.

Comment ne pas applaudir leur démarche à la fois spontanée car fruit de leur propre liberté d’action, et mûrement réfléchi à en lire le manifeste du collectif.

Je veux croire en la pérennité de leur entreprise, je veux les soutenir, je veux qu’on reconnaisse en eux le talent qu’ils méritent d’où qu’on soit, de la banlieue ou du fond des campagnes délaissées elles aussi… du haut des tours de la Defense ou des bancs de l’Assemblée Nationale…

Alors pour les quelques internautes qui par je ne sais quel clic se trouvent à lire mon billet, achetez ce livre car les droits d’auteurs sont entièrement reversés à cette association.

Pour une fois que celle-ci se veut intellectuelle et gratifiante pour l’image du jeune de banlieue issu de l’immigration.

Pour une fois que l’on donne voix aux damnés de la France, et que celle-ci soit portée par le plus beau moyen d’expression, celui de la plume !

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